Un exemple de procédé de fertilisation, tout un programme...au Burkina Faso
Dans la région du Sahel les terres sont souvent rendues stériles par une utilisation trop intensive, par le durcissement de surface qui en résulte, ce qui entraîne ruissellement et érosion et réduit la pénétration de l'eau en profondeur. Il est alors nécessaire d'inverser le processus de dégradation et d'aménager les terrains pour faciliter l'humidification et, en plusieurs années, préparer la terre à recevoir de nouvelles cultures.
Voici une méthode de fertilisation et de protection des terrains appliquée de manière particulièrement approfondie dans le village de Guié au nord du Burkina Faso : Le site d'AZN (Association Zorang Naagtaaba) fournit une information très complète incluant une excellente vidéo de 26 mn.
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Ferme pilote de Guié dans un groupement de 9 village (AZN) : projet démarré en 1989
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Ce procédé a été mis au point par un agronome français : Henri Girard, fondateur de l'ONG Terre verte. Il consiste à reconstituer sur 4 ou 5 années un véritable bocage (Webougri). En voici la description en quelques lignes :
Des alignements de pierres (cordons pierreux) sont aménagés le long des courbes de niveau pour constituer des terrasses. Des arbres et des haies naturelles sont plantés afin de former des barrières contre le vent. Des micro cuvettes sont creusées pour retenir l'eau. Des bassins plus profonds sont également creusés pour retenir l'eau en cas de forte pluie.
Les parcelles privées sont séparées par des petites digues. Des zones communes sont aménagées pour le regroupement du bétail ou des activités communes.
La plantation s'effectue dans des trous de 20 cm de côté remplis de fumier, ce qui permet une infiltration en profondeur. Peu à peu la terre se régénère.
Durant les premières années ce procédé très global qui inclut également l'élevage (production de foin, récupération de la fumure pour enrichir les terrains, etc.) a été mis au point. Les surfaces ont été augmentées par étapes pour atteindre aujourd'hui environ 200ha.
L'investissement représente 130 euros l'ha.
Ce procédé a été mis en oeuvre de manière plus ou moins complète au Burkina Faso depuis 1980. Actuellement 300.000 ha ont été traités dans le pays soit moins de 9% de la surface cultivable.
Le CILSS (comité de lutte inter-état contre la sécheresse au Sahel) qui regroupe 9 états du Sahel a été associé à ce projet national.
Pour plus d'information : une copie de l'article du Monde sur le site de l'association planète d'urgence.
Et surtout la vidéo de 26 mn qui décrit en détail l'aménagement de la ferme pilote de Guiè et le document attaché ci-dessous qui décrit le
procédé du bocage (Wegoubri).